Une classe en langue des signes pour les jeunes sourds

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Béatrice Gautier, enseignante en langue des signes, durant le cours de mathématiques.

Au groupe scolaire Pierre-Louis-Lebas, sept jeunes sourds suivent leurs cours en langue des signes, dans une classe spécifique. Leur intégration est parfaitement réussie.

Reportage

Il est 9 h 45, dans la Clis (classe pour une inclusion scolaire) du groupe scolaire Pierre-Louis-Lebas. Dans la petite salle accueillante et silencieuse, sept paires d’yeux fixent avec attention Béatrice Gautier, enseignante en langue des signes. La leçon de calcul vient de commencer. Face au tableau, Marina, Alex, Thomas et Camille, élèves en CM2, s’entraînent aux fractions. Agenouillée entre Erwan et Mathys, en CE1, et Manon, en CE2, Charlotte, la jeune assistante de vie, prodigue ses conseils en quelques gestes énergiques.

« Pendant que les cadets font leurs problèmes, les plus grands révisent », explique Béatrice Gautier. Ouverte en janvier dernier, après la mobilisation d’une poignée de parents, cette classe accueille aujourd’hui ces jeunes sourds âgés de 6 à 10 ans, selon les procédures d’inscription fixées par la Maison départementale des personnes handicapées. « Les enfants suivent le programme classique. Les disciplines qui nécessitent un support écrit, comme les mathématiques, sont enseignées en langue des signes », explique Florence Leray, directrice de ce groupe scolaire public, qui compte 189 élèves répartis en huit classes, Clis comprise.

Un apprentissage réciproque

Deux assistantes de vie scolaire à mi-temps, dont une sourde, se relaient auprès des écoliers, pour les aider à suivre en classe. Des cours communs sont organisés avec les élèves entendants, pour favoriser une bonne entente. « C’est le cas pour le sport, les arts plastiques, le jeu dramatique et l’informatique », précise Florence Leray. Les élèves de la Clis participent également aux conseils de délégués, organisés trois à quatre fois par an, pour faciliter la vie à l’école.

Et l’intégration des jeunes sourds semble parfaitement réussie. « Pendant la récréation, certains initient spontanément leurs camarades à la langue des signes. Entre eux, les enfants réussissent toujours à se comprendre. Pour les entendants, c’est aussi un enrichissement et un apprentissage de la tolérance », explique Patricia Perrier, inspectrice sur la circonscription Angers 9, qui recense trois Clis.

Dans la classe, quelques mains se lèvent au premier rang, pour répondre aux questions de Béatrice Gautier, qui envoie Camille au tableau. Au second rang, deux écoliers « bavardent » en signant. L’enseignante se tourne désormais vers les plus petits. Comme une partition bien ordonnée, les grands plongent à leur tour le nez dans leurs cahiers, en attendant la récré.

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