Festival de Douarnenez. Les sourds invités à s’exprimer

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Le Festival de cinéma de Douarnenez s’intéresse aux minorités depuis 32 ans. Cette année, celle des sourds a été invitée à s’y exprimer. Avec sa langue, celle des signes. Aux entendants de s’adapter…

Comment interviewer un sourd si l’on ne parle pas sa langue ? La journaliste Nathalie André, en reportage vidéo à Douarnenez pour Le Télégramme.com, a dû s’adapter.

Consacrée principalement aux minorités du Caucase, la 32e édition du Festival de cinéma de Douarnenez propose également une section baptisée «Le monde des sourds». Organisée avec des personnes de la communauté sourde de Bretagne, cette section propose, en cette fin de semainefilms, rencontres, débats et spectacles. «Ils nous ont convaincus, au fil des échanges, que nous parlions bien là d’une culture, explique Isabelle Vaudeleau. Culture minoritaire très souvent, ignorée des entendants».

La langue, indispensable

«Notre projet, avec ce focus, est donc d’entraîner les entendants dans le monde des sourds, et non l’inverse», poursuit-elle. Exercice pratique aux côtés de Nathalie André, reporter-vidéo pour le Télégramme.com

D’abord, caler un rendez-vous avec un sourd pour l’interviewer, lui demander de parler de «son monde» devant la caméra. Mais comment le contacter. Lui téléphoner, le rencontrer ? Ah, mais bien sûr ! Les interprètes doivent être là en nombre ! Eh bien non. Il y en a, en Tchétchène, en Géorgien, en Russe, en Breton, mais en Langue des signes française (LSF), une seule, Laure Boussard. Donc, totalement débordée, puisque tout le monde ici veut parler avec les sourds. Nathalie la piste dans les débats, les films, au restaurant… Le temps défile, l’interview est en train de tomber à l’eau.

Le monde de l’image et du son doit s’adapter

Finalement, l’interprète fait l’impasse sur le dessert pour consacrer un quart d’heure à Nathalie, en compagnie du Brestois Lionel Cloître, 34 ans, sourd de naissance. Nathalie a préparé ses questions. Son micro est fixé à la caméra. Mais c’est Lionel qu’elle filme et c’est Laure qui parle, assise derrière la caméra. Nathalie bricole. Ça marche. Tout à l’heure, il faudra penser à éviter les plans de coupe. Sinon, les sourds seront lésés…

C’est parti, on tourne ! «Lionel Cloître, en tant que sourd, vous vous considérez comme faisant partie d’une minorité nous dit-on. Expliquez-nous». «Quels sont les domaines dans lesquels des améliorations sont à apporter pour vous faciliter la vie ?». «À quoi servent les ateliers d’initiation à la LSF que vous animez pendant le festival ?». Les réponses de Lionel, extrêmement instructives, sont disponibles sur Le Télégramme.com. Pour les sourds et les entendants.

Le programme du « Monde des sourds » est disponible sur www.festival-douarnenez.com

Par ailleurs, les sourds du Finistère donnent rendez-vous à ceux qui veulent en savoir plus, à Brest, dans le hall de la mairie, le samedi 12 septembre, dans le cadre de la Journée mondiale des sourds.

Source : http://www.letelegramme.com © 28 Aout 2009 à Douarnenez

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