Les grands sourds : Emmanuelle Laborit

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Date de naissance : 18 Octobre 1971 à Paris, Mort :

Nationalité : France

Résumé : Sourde

Biographie :

Emmanuelle Laborit est née sourde, en France. Ses souvenirs des 7 premières années de sa vie ne sont pas chronologiques. Il n’y a que des anecdotes, des flashs, car elle ne comprenait pas le monde qui l’entourait. Ce monde lui paressait aussi bizarre qu’un mot. Son premier souvenir a été « J’ai poussé des cris, beaucoup de cris. Mes parents disaient que c’étaient des cris aigus d’oiseaux de mer. Alors, ils m’ont surnommée la mouette. »

Avec un orthophoniste, elle apprenait à oraliser. Mais à 7 ans, son père l’emmena dans un centre à Vincennes pour lui apprendre la langue des signes. « A partir de ce jour, je deviens une petite fille « bavarde » et rieuse. »

A 13 ans, elle va entrer à l’école pour sourds mais là il fallait absolument oraliser. Les signes étaient interdits. C’est à ce moment, qu’elle commença sa lutte pour que les signes soient autorisés mais rien n’y fait. Le langage des signes étant toujours considéré comme une sous langue. Entre 13 et 16 ans, Emmanuelle ne fait que des bêtises. Elle teste ainsi les limites qui lui sont imposées. Elle veut absolument être indépendante. Elle vole, sort et se révolte contre l’ostracisme social dont sont frappés les sourds. Pendant cette période de désarrois, va naître sa petite sœur qui deviendra une de ses meilleures confidentes. C’est le moment aussi où ses parents vont divorcer.

Quelque temps après, Emmanuelle se reprend en main et passe son bac. Elle ne le réussira pas. L’année après, elle le repasse et le réussit. Pendant ses examens un réalisateur – acteur va lui proposer de jouer dans une pièce de théâtre « Les enfants du silence. » Elle accepte avec joie.

En 1993, Emmanuelle reçoit un molière pour la révélation théâtrale. Ce fut une grande victoire car elle a prouvé au monde qu’une sourde était l’égale d’une « femme entendante. »

« Le mot handicap, je m’en fous. Il a toujours un côté négatif. Dans la vie, je me sens souvent exclue, pas handicapée. »

Elle s’amuse des médias qui accolent toujours le mot silence à son nom. Elle rit aussi de ceux qui jouent sur le registre dramatique en disant « quel courage ! ». Sourde et muette de naissance, Emmanuelle Laborit est surtout comédienne et une femme de combat

« Inimaginable. C’est ce que j’ai pensé lorsque, à l’âge de 7 ans, j’ai découvert l’IVT, l’International Visual Théâtre, dont je suis aujourd’hui la co-directrice. À l’époque, la langue des signes était encore interdite, on conseillait l’appareillage des sourds, il fallait faire sa scolarité uniquement en français… Mes parents m’ont tout de suite inscrite à l’atelier de théâtre où nous étions seulement quatre. Je n’imaginais pas encore devenir comédienne.
À l’IVT, il y a bien sûr la compagnie théâtrale mais aussi des cours de langue des signes et une maison d’édition. Nous travaillons avec des entendants et c’est une véritable ouverture sur le monde. La manière de percevoir la société pour les sourds est avant tout visuelle. La langue des signes est très différente de la langue française et se structure en fonction de l’espace, de l’expression du visage, etc. Il y a plusieurs registres, des rythmes, une certaine chorégraphie, un argot… Elle s’adapte particulièrement bien au théâtre.

Socialement, les sourds ne sont pas reconnus. Nous n’avons pas accès aux connaissances et à la culture entendante. Beaucoup de portes nous sont encore fermées, même dans les détails de la vie quotidienne. La langue des signes n’est pas reconnue de manière officielle. Certes, la loi de 1991 autorise les parents à choisir entre une éducation oraliste et une éducation en langue des signes pour leurs enfants, mais concrètement, il existe de nombreux problèmes. Il y a encore du travail pour faire connaître et diffuser cette langue. La proposition de reconnaissance au bac ne lèverait pas l’interdiction d’enseignement par des professeurs sourds. J’ai quelques amis diplômés de l’Éducation nationale. Et bien, ils sont correcteurs par correspondance et n’arriveront jamais à donner des cours dans une classe. Le monde des entendants a d’énormes efforts à faire pour que nous arrivions à une véritable égalité.

Il faut beaucoup d’énergie pour se battre, mais je pense que l’engagement fait partie de ma vie. Même si tout était parfait pour les sourds, je continuerais à lutter dans d’autres domaines. Paradoxalement, au théâtre, j’ai été très heureuse de jouer récemment un personnage naïf et marginal dans Pour un oui ou pour un non de Nathalie Sarraute. J’incarne habituellement des personnages forts, dramatiques et je n’avais jamais travaillé ce genre de rôle. J’y ai pris beaucoup de plaisir. »

Convergence
Secours populaire français
Emmanuelle Laborit

Aprés quatre ans d’absence, l’héroïne des Enfants du silence revient avec un nouveau look, mais une même énergie, une même franchise. Et quand ses mains parlent, on se tait.Emmanuelle, 28 ans, aime le cinéma « je suis toutefois obligée de voir des films sous-titrés en français » et la musique. « Je n’écoute pas les sons, mais je perçois les vibrations à travers mon cops. Je suis sensible aux rythmes africains, au jazz, au rock, pas du tout à la musique classique, que je ne sens pas, et j’ai toujours beaucoup de plaisir à danser. »

Emmanuelle est pressée. Alors que Retour à la vie, le premier long métrage de Pascal Baeumler, dans lequel elle est Louise, une femme ambiguë et brisée, est à l’affiche, elle boucle ses valises. Prête à s’envoler pour la Suisse allemande où elle doit tourner un film de Christoph Schaub.  » J’ai participé aussi à Marie-Line, de Mehdi Charel, avec Muriel Robin, mais je ne sais pas encore quand il va sortir…  » Les doigts de l’actrice pianotent sur le clavier. Privée momentanément de traducteur, le dialogue entre elle et nous se fait par fax. Les réponses sont concises, précises. Quand on l’interroge sur sa si longue absence (on ne l’avait pas vue depuis 1996), les mots s’emballent, lourds de sens:  » Il y a très peu de rôles pour les sourds, comme pour les Noirs ou les Arabes. Vous savez qu’en France, les minorités doivent se battre pour trouver leur place parmi la majorité des personnes dites « normales ». Ce n’est pas nouveau. Par exemple, pourquoi n’y a-t-il pas de journaliste noir pour présenter les infos de 20 heures sur les chaînes publiques ? Le combat n’est pas encore fini pour ceux que l’on dit « différents ».  » Dans son appartement, qu’elle décrit  » de couleur chaude et très clair, car j’ai besoin de vivre dans la lumière « , Emmanuelle Laborit retrouve une énergie de militante. On la devine vibrante. Comme elle sait l’être à l’écran. Le regard noir et brûlant. Si éloquante pour dire qu’il est grand temps  » que le monde des entendants fasse vraiment connaissance avec nous « . Pourtant, elle s’avoue non pas sereine, mais un peu plus souple.  » Aujourd’hui, je sais un peu mieux contrôler ma révolte « , reconnaît-elle.

Enfant, ses parents l’avaient surnommée la mouette,  » à cause de mes cris d’oiseau de mer « . Sourde et muette de naissance, Emmanuelle apprend à sept ans le langage des signes. Quand ses mains se mettent à parler, elle découvre le milieu du théâtre et le monde s’ouvre alors à elle.

En 1993, elle reçoit le Molière de la meilleure comédienne pour son interprétation dans Les enfants du silence. Un jour, à la demande du réalisateur Yves Angelo, avec lequel elle tourne en 1996 Un air si pur, elle ose mêler quelques mots à ses gestes.  » C’était la première fois au cinéma que j’utilisais ma voix de sourde.  » Emmanuelle récidive aujourd’hui dans Retour à la vie. Jusque-là, cette voix, elle l’avait réservée à ses amis, à sa famille, à sa vie de femme, simplement.  » Mais j’ai changé, je me suis ouverte, et puis, après tout, des comédiens étrangers jouent bien dans des films français avec leur accent, alors pourquoi pas moi avec un accent de sourd ?  » Ce qu’elle a encore du mal à supporter, ce sont toutes ces questions sur son autonomie, son indépendance.  » Je comprends ces questions, un entendant a du mal à se mettre à la place d’un sourd, mais dans ma vie, je n’ai besoin de personne.  » Sa vie, justement, la comédienne ne veut plus trop en parler.  » Comprenez-moi,j’ai envie de me protéger.  » Séparée de Jean Dalric, son partenaire et metteur en scène des Enfants du silence, tout juste accepte-t-elle de dire que, pour se sentir bien, il lui suffit de choses simples : une balade dans un musée, un verre pris à une terrasse de café avec des amis, un repas en famille, un coucher de soleil… Ces petits riens qui font la vie belle… Jeanne Bordes

Source : http://perso.wanadoo.fr/mondalire

Photos :

Vidéo :

3 COMMENTS

  1. moi je trouve que le langage des signes est une magnifique langue et j’aimerai beaucoup la parler un jour ce que j’aime beaucoup avec cette langue c’est que c’est universelle autant les francais la parle que les anglais ou les allemand je sais dire les lettre en langage des signes et bonjour et ca va mais ca s’arrete presque la j’espère pouvoir la parler mieux un jour
    et ca me plairait d’assister à un spectacle Emmanuelle Laborit

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