Jeunes sourds : Une couche en marge du PDES d’ATT ?

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Le thème sur « Plaidoyer pour l’emploi et l’insertion socio-économique des jeunes et adolescents sourds de l’école des déficients auditifs de l’Hippodrome a été au cœur d’une confé-débat organisée par l’Association malienne des sourds (AMASOURDS), avec l’appui financier de Handicap International. C’était le samedi dernier dans les locaux du groupe scolaire Hamdallaye marché B. Cette conférence était aminée par Mme Bocoum Maïmouna Touré, administrateur de l’action sociale et ancienne présidente de l’AMASOURD. Elle était assistée des membres de l’association. On y notait la présence de Madame Djénéba Doumbia, Directrice de cette école.

D’entrée de jeu, la conférencière a déploré l’absence des autorités administratives, des services techniques, des associations et ONG traitant des questions relatives à la prise en charge des personnes handicapées. Elle a en outre insisté sur la nécessité de sensibiliser les pouvoirs publics sur la problématique de l’emploi des sourds. « Ce qui n’est pas facile à cause de leur difficulté de communication », a laissé entendre Madame Bocoum avant de clamer haut et fort que le problème de la scolarisation des déficients auditifs se pose avec acuité.

Si les chantiers du PDES du Général président sont en marche dans un « Mali qui gagne », et le gofernement ne ménage aucun effort pour la promotion des personnes handicapées à travers des politiques et programmes, force est de reconnaître que nombre de jeunes sourds souffrent à cause des affres du chômage. En témoignent ces chiffres avancés par Maïmouna Touré Bocoum : « La situation actuelle des élèves sourds admis au DEF se présente comme suit : de 2005 à 2008 soit trois promotions, le nombre d’admis est 34 dont 8 filles ». Mais, a-t-elle regretté, ces admis n’ont pas été intégrés dans le circuit secondaire, technique, professionnel et même artisanal. On n’a pas pu parvenir à leur insertion. Toutes les tentatives ont été vaines. Et les responsables en charge de cette question spécifique ont avancé un motif banal à savoir le dépassement d’âge.

Fort préoccupée, la battante Madame Bocoum pense que le problème d’âge ne doit pas poser de problème. Pour elle, l’enfant qui suit une formation secondaire doit bénéficier de l’accompagnement d’un interprète. Toutefois, l’association qui a des moyens limités, n’est pas en mesure d’assurer le salaire des interprètes. Pour pallier les difficultés liées à l’âge avancé des jeunes sourds et à la communication, la conférencière préconise la création d’une école pour interprètes.

Tout comme Mamadou Coulibaly, gens saignant à l’EDA- Hippodrome, sa collègue Madame Traoré Nana Berthé a affirmé que leur travail d’encadrement est très dur. Et Moustapha Magassouba, président de l’AMASOURD, de renchérir : « Tout est difficile pour les sourds qui souffrent beaucoup par rapport aux personnes mal voyant». Le cas de la jeune sourde-muette Oumou Denon en est la parfaite illustration. Animatrice à l’Ecole des déficients auditifs de Niamakoro, elle a du mal à percevoir régulièrement son maigre salaire au niveau de la mairie.

Face à cette situation inquiétante des jeunes sourds, Madame Bocoum lance un cri de cœur à toutes les âmes conscientes afin d’assurer la protection sociale de cette couche vulnérable qui fait l’objet de discrimination et de rejet social.

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