Mon enfant sourd voudrait aller à l’école

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Menetou-Salon. Parce qu’il a 17 ans et un cursus chaotique, le fils d’Alain était refusé en milieu scolaire spécialisé. Il vient d’obtenir une formation horticole.

Etre parent d’un enfant sourd signifie le voir partir de la maison du lundi matin au vendredi soir, de 6 ans à 21 ans. Autant dire que les parents se sentent exclus de leur propre rôle, et que l’enfant subit une souffrance terrible, à chaque séparation.
Ce traumatisme répété a conduit mon fils à se faire renvoyer des institutions qu’il a fréquentées, dans le but de revenir à la maison auprès des siens. Il y a deux ans, mes cinq garçons ont perdu leur mère accidentellement, et Christopher, plus fragile que ses frères, commet des erreurs et des délits, alors qu’il est en soins psychiatriques pour essayer de se reconstruire. »
Alain est un père en détresse : la scolarité et la formation de son fils de 17 ans se heurtent à des murs, et à trop de silence.

“ Il veut retourner à l’école et travailler dans l’horticulture ”

« Aujourd’hui, poursuit Alain, mon fils a 17 ans et va beaucoup mieux, car il a un projet. Il veut aller à l’école avec d’autres adolescents sourds, comme lui, et qui rentrent le soir chez eux. Il veut apprendre, il veut une vie sociale, il a rejoint l’association des sourds, qui est un repère, voire un pilier pour lui. Il quitte le mode de survie dans lequel il se retranchait pour vivre son projet : il veut retourner à l’école et travailler dans l’horticulture.
Le projet a été présenté aux représentants de l’Education nationale chargés de l’intégration des enfants handicapés et au service de soins pour enfants sourds. Le projet de Christopher a été rejeté : parce qu’après 16 ans, l’école n’est plus obligatoire…
Comment peut-on appliquer la décision d’ “ une école non obligatoire ” à un enfant sourd ? Peut-on appliquer une généralité à des enfants particuliers ? Comment préjuger de l’avenir d’un adolescent en pleine construction et le condamner par avance ? Les personnes qui se disent à l’écoute de nos enfants handicapés ne sont-elles finalement pas plus sourdes que mon fils ? »

La nr a cherché a en savoir plus

Le courrier du papa de Christopher a trouvé écho et il vient de participer à une réunion avec les responsables éducatifs.

Ceux-ci rappellent que Chistopher a multiplié les établissements spécialisés : Nevers, Orléans, Clermont-Ferrand et Poitiers (2007). Il a un niveau CP en fraais et CE1-CE2 en maths, il ne sait pas lire. Christopher a eu des soucis avec la justice, mais la juge des enfants a été clémente et lui a fait confiance. Psychologiquement, il a souffert des longues séparations, de la difficulté de communiquer – il ne maitrise la langue des signes fraais (LSF) que depuis l’age de 10 ans.

<<La classe d’intégration des enfants sourds du Grand-Meaulnes (Bourges) (12 places) lui permettra de rentrer tous les soirs chez lui et de lui. Pour son avier, il faut qu’il retourne à l’école.>>

Ensuite, une formation en horticulture, avec le CFAS d’Orléans, pourra être envisagée avec des terrains de stage dans le Cher. << On ne le laisse pas tomber, assure-t-on du coté de la Maison départementale des personnes handicapées et de l’inspection d’éducation spécialisée. Avec sa famille, nous ferons le maximum pour ses bases scolaires et la formation horticole qu’il souhaite.>>

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