Signes de communication

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Nicolas Baheu est interface en communication pour les personnes sourdes

Communiquer, soutenir, aider: le travail de Nicolas Baheu va au-delà de la simple traduction.
Communiquer, soutenir, aider: le travail de Nicolas Baheu va au-delà de la simple traduction.

Faire le lien entre les personnes sourdes et leurs interlocuteurs, c’est le métier de Nicolas Baheu. Depuis septembre, son entreprise « parole de mains » intervient dans toute la région. Rencontre

De « passe-moi le sel » à « Où se trouve le bureau du directeur », de « Je cherche un emploi » à « Vous connaissez la dernière blague ? » : la langue des signes est comme toutes les langues, vivante, riche.
Elle se pratique, se vit au quotidien. Elle est un pont, un lien, elle est communication.
Comme n’importe quelle langue, elle s’apprend et elle a ses traducteurs, ses interfaces même. Interface de communication, c’est justement le métier de Nicolas Baheu. Ce jeune Boulonnais de 25 ans a créé son entreprise en septembre dernier. « Alors que l’interprète donne une traduction au plus près des mots employés, l’interface a la possibilité d’expliquer davantage, de reformuler, de simplifier tout en gardant l’idée, explique Nicolas Baheu. On observe trop souvent que les personnes sourdes sont très mal informées. Cela permet d’y remédier ».
Son champ d’action est très large. « Récemment, je suis intervenu dans le cadre d’un entretien d’embauche dans une clinique où deux personnes sourdes ont été ensuite embauchées. J’ai aussi participé à une réunion avec le maire de Boulogne-sur-Mer, aux côtés d’une personne sourde ». Le tribunal, le commissariat ou tout autre démarche administrative, autant de domaines où Nicolas Baheu apporte ses compétences. « Dans le cadre de la prestation de compensation du handicap, mes interventions peuvent être entièrement prises en charge », argumente-t-il.
Nicolas Baheu intervient à toute heure, dans toute la région. « On pourrait très bien imaginer intervenir dans un musée, même à Nausicaa. Les personnes sourdes sont très friandes de structures touristiques qui savent les accueillir ! » Dans la continuité de son activité, il donne aussi des cours de langue des signes. « C’est une langue qui a sa propre syntaxe, sa propre grammaire, son vocabulaire. On l’apprend, étape par étape, comme n’importe quelle autre langue ». Parmi les élèves, il compte des proches de personnes sourdes qui cherchent ainsi à se rapprocher, à communiquer. Mais pas seulement. Une jeune infirmière et une future assistante sociale font partie de ses élèves. « Apprendre la langue des signes est un atout dans leur métier. Pour la maîtriser, à raison de deux cours par semaine, il faut compter entre 6 mois et un an ». De la même manière, il va intervenir au lycée Cazin, dans le cadre d’un projet théâtral. « Cela s’adresse à des élèves pour qui la communication compte. C’est un plus pour leur avenir », indique-t-il.

Le jeune homme a appris la langue des signes alors qu’il était dans une école spécialisée, à l’adolescence. « J’ai appris très vite, sur le tas, raconte-t-il. En 3 mois, je parlais couramment », raconte-t-il. Et ne lui parlez pas de handicap. « Le handicap, c’est de ne pas comprendre. Si je me mets à discuter en langue des signes avec d’autres, c’est vous qui ne comprendrez pas ! » Son seul regret, le peu d’événements organisés pour les personnes sourdes dans le Boulonnais. « Il y a une seule asso à Boulogne. Il y a aussi le café des signes au tôt ou t’art… Comme tout le monde, on aime se détendre en discutant entre amis autour d’un verre ! » Nicolas Baheu a une devise : « La parole est d’argent, le silence est d’or, et le geste est de diamant ».

Parole de mains, Nicolas Baheu ; 29 rue des Pipots à Boulogne-sur-Mer. Tél : 06.75.40.15.50 ; mail : paroledemains@hotmail.fr ; site internet : http ://paroledemains.waibe.fr

Source : http://www.lasemainedansleboulonnais.fr © 08 Avril 2009 à Boulogne

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