Depuis septembre, l’Institut de formation des aides-soignants (IFAS) du pôle IFsanté de l’Université catholique compte, sur ses bancs, six élèves sourds et malentendants. Qui suivent les cours en présence d’ interprètes.

Lorsque les élèves aides-soignants « entendants » regardent leur formateur ou prennent des notes, Amandine, Cyril, Audrey et Aliette ont les yeux rivés sur Pénélope et ses collègues interprètes. Depuis six mois, ils suivent le cursus professionnalisant de l’IFAS qui leur permettra, en juillet prochain, d’exercer le métier d’aide-soignant.

Une formation actuellement unique en France qui s’inscrit dans le cadre du projet de quartier Humanicité de l’Université catholique, qui accueillera, d’ici 2011, un Établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD), avec 42 lits réservés aux personnes sourdes de naissance. « Ce service aura besoin d’un personnel soignant maîtrisant la langue des signes (LSF), souligne Bernadette Miroux, la directrice du pôle IFsanté.

Même si nous n’y sommes pas encore. » Les six élèves retenus cette année ont passé le concours comme les autres. Avec un temps d’épreuves écrites majoré d’un tiers, comme c’est le cas pour tout candidat avec handicap. Et, à l’oral, la présence d’un interprète pour traduire leurs propos. Au programme de leur scolarité, des leçons et stages similaires à ceux de leurs 84 autres camarades. Mais une méthode d’apprentissage différente. Avec une traduction en langue des signes subventionnée par l’Agence du fonds pour l’insertion professionnelle des personnes handicapées (AGEFIPH), des rétroprojecteurs et séquences vidéo. « Le travail personnel à la maison est nécessaire. Les élèves récupèrent aussi les cours écrits de leurs camarades, précise Martine Lefèbvre, formatrice à l’IFAS.

Les personnes sourdes, très motivées, ont une grande faculté d’adaptation. Elles travaillent avec l’ensemble des élèves. » Sourire aux lèvres, Amandine, 23 ans, confirme : « On échange beaucoup avec les entendants qui sont très ouverts. On n’est pas du tout isolés.

Dans la classe, on nous surnomme même les « perles rares ». » Un nom précieux, plein d’affection, qui fait un pied de nez au handicap. Cyril, renchérit : « Les journées sont fatigantes. C’est difficile de passer du français écrit à la langue des signes parlée. Il faut travailler sinon on oublie vite. » Et d’ajouter, malicieux : « C’est pas toujours évident de suivre ! Les filles parlent trop ! » « Toi aussi, tu es une vraie pipelette ! », répond Aliette du tac au tac. « D’ailleurs, quand on discute (en langue des signes), c’est forcément plus visuel. On se fait repérer ! » Audrey n’arrive plus à en placer une. Au fil de la conversation, les mains se délient. Pénélope accélère son débit de paroles. Quand elle n’est plus là, le soir, les « perles rares » communiquent avec leurs camarades sur MSN ou par mail. En stage, par des gestes et par écrit. Audrey aura le mot de la fin : « On a toujours été très bien accueillis. »

Source : http://www.lille.maville.com © 26 Février 2009 à Lille

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2 réponses à “L’IFAS ouvre sa formation d’aide-soignant aux étudiants sourds”
  1. JOUINEAU Christelle dit :

    Bonjour, j’ai dans mon équipe de soignants, une jeune sourde et muette, qui n’a actuellement pas de diplôme. Elle serait intéressée par une formation aide-soignante.
    Où se trouve cette IFAS ?

  2. bonjour,

    Il faut s’incrire en formation d’aide soignant à lille, pour les sourds et les malentendants également avec les entendants, sera assuré l’interprétre la langue des signes français. Je vous conseille c’est très bien d’aller là bas. C’est performance.

    TAPANT http://WWW.univ-catholille.fr et vous verrez tous les renseignements.
    Bon courage à vous

    n’hésite pas des plus amples renseignements.
    AB

  3.  
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