La surdité sort de l’oubli

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Au lycée Mme-de-Staël, dans une école de Domérat et au Centre des langues. Les récentes lois et des initiatives locales font de Montluçon la ville auvergnate la plus attentive à la cause des sourds.
Avec un professeur sourd, ils pourraient en profiter. Pourtant, le silence s’impose aux élèves de seconde du lycée Madame-de-Staël de Montluçon à qui Stéphane Gonzalez rend visite chaque début de semaine, depuis la rentrée. L’apprentissage de la langue française des signes (LFS) demande une telle concentration qu’on n’entend que le froissement des vêtements et le bruit des lèvres de Stéphane Gonzalez : les mouvements et les expressions du visage sont aussi importants que les positions des mains. L’enseignant, sourd profond, enseigne sans interprète et recourt peu à l’écrit.

Depuis la loi du 11 février 2005 sur l’égalité des chances des handicapés, le ministère préconise l’apprentissage de la LFS dans au moins un établissement par académie. En 2007, elle est même devenue une option au bac. Sensibilisée à la question lorsqu’elle était directrice de cabinet du Recteur, Catherine Lévy, proviseure du lycée Madame-de-Staël de Montluçon, a postulé l’an passé à la mise en place de cet enseignement dans son établissement.
La réticence des parents

Aucun des seize élèves (dont quatorze filles) n’est sourd. Aucun ne compte une personne sourde dans son entourage proche. Alors pourquoi ? La plupart sont venus par curiosité, d’autres pensent s’offrir une chance professionnelle supplémentaire. Si la langue des signes est utile aux éducateurs spécialisés, elle peut être utilisée partout où l’échange vocal est difficile : industrie bruyante, plongée sous-marine.

Souvent, ces élèves ont fait face à la réticence de leurs parents. Sans doute faut-il y voir un héritage culturel. La langue des signes est restée interdite en France pendant plus d’un siècle, jusqu’en 1991. « En 1888, on a considéré que parler avec le corps avait quelque chose d’érotique. Auparavant, on croyait que les sourds n’étaient pas capables de penser, puisqu’ils ne parlaient pas », rappelle Pierre-Henri Vinay, inspecteur d’académie chargé de l’adaptation scolaire et de la scolarisation des élèves handicapés dans l’Allier. (…)

Source : http://www.lamontagne.fr © 24 Septembre à Montluçon (France)

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