Des avatars parleront la langue des signes
Retirer de l’argent, aller voter, se rendre chez le médecin ou au musée : pour les personnes handicapées, ces activités se trouveront bientôt facilitées par l’application de la loi du 11 février 2005, qui prévoit de leur rendre accessible, quel que soit leur handicap, tous les lieux d’accueil publics ou privés.
Comme en Grande-Bretagne, où était présenté il y a quelques mois le premier programme de traduction virtuelle en BSL (langue des signes britannique), les personnages virtuels signants pourraient devenir en France de nouveaux guides pour les sourds-muets. A la gare de l’Est, à Paris, Jade, avatar développé par l’association Websourd, délivre ainsi déjà une information de base en langue des signes française (LSF) sur l’interdiction de fumer ou l’étiquetage des bagages. Le dispositif devrait ensuite se déployer d’ici à la fin 2009 dans 90 gares. Et, dès la fin de l’année, traduire des messages plus développés d’ordre conjoncturel, les retards des trains par exemple.
La LSF, langue d’icônes, est d’autant plus difficile à traiter automatiquement qu’elle ne repose pas sur les mêmes codes structurels que les langues parlées. « La technologie ne permet pas encore une traduction précise et simultanée de tout type de vocabulaire », précise Loïc Kervajan, doctorant en sciences du langage. Lui-même vient de mettre au point Voxign, une borne d’information en langue des signes. Le prototype, financé par la Caisse d’épargne et présenté au Salon Autonomic, qui se tenait du 11 au 13 juin à Paris, vise à rendre plus autonomes les locuteurs de la LSF. A l’aide d’un écran tactile, ceux-ci pourront par exemple faire opposition sur leur carte bancaire sans l’intermédiaire d’un tiers ou d’un interprète.
En France, 100 000 sourds pratiquent la langue des signes, et 80 % d’entre eux ne savent pas communiquer en français. « Logiciels de traduction, formation des interprètes ou centres relais par webcam, il s’agit de multiplier les solutions pour s’adapter au mieux à la demande croissante d’accès à la culture, à l’information et aux services de ces personnes », estime M. Kervajan. Il rêve déjà d’ »un monde où la langue des signes sera partie intégrante du quotidien des sourds comme des entendants. Avec par exemple une touche « langue des signes » sur les distributeurs automatiques et des sites Internet bilingues LSF ». Une vision qui, selon la loi de 2005, devrait être concrétisée en 2015.
Source : http://www.lemonde.fr © 28/06/2008 à France















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