Surdité : le signe appris comme une langue
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| Apprendre des signes pour communiquer avec des sourds ou des malentendants. Des cours sont dispensés au centre de formation « le geste et la parole » à la maison de quartier de la Maladrerie. |
« Le geste et la parole » dispense des cours de signes aux entendants qui veulent communiquer avec des malentendants. Un véritable apprentissage culturel.
Au tableau des noms d’animaux. A côté, Virginie Cronier, le professeur du centre de formation « Le geste et la parole ». Virginie est sourde. En face d’elle, des personnes qui entendent normalement mais qui veulent apprendre la langue des signes. Un moyen pour communiquer dans leur entourage familial ou professionnel avec des malentendants. Virginie traduit donc le nom de l’animal avec des signes qui sont répétés par ses élèves. Chacun refera les exercices à la maison. « Deux heures suffisent par semaine. On a le temps d’assimiler et de refaire les signes » précise Odile qui suit ce cours avec une belle conviction : « C’est intolérable de mettre les handicapés de côté. A part les rampes qu’est-ce qu’on fait ? J’apprends le langage des signes pour créer des liens avec des malentendants. Ensuite, je ferai du bénévolat. » Dans le département, environ 4 000 personnes sont recensées sourds profonds.
L’apprentissage est organisé à raison de deux heures par semaine durant la période scolaire. « Il faut compter environ 300 heures pour apprendre cette langue » explique Véronique Fourmeaux, la présidente de l’association qui compte une petite centaine d’adhérents et trois professeurs sourds. Des personnes entendantes et pratiquant la langue des signes pour elles-mêmes ou au sein d’associations. Le centre qui a neuf ans a été créé « pour répondre à une question simple : comment on fait quand on rencontre un sourd ? Le centre est une passerelle entre le monde des entendants et des sourds » ajoute Véronique Fourmeaux, sourde elle-même, mais qui applique avec un naturel déconcertant la langue parlée complétée, une lecture sur les lèvres de son interlocuteur. Une telle facilité apparente est un véritable encouragement pour tous ceux, malentendants et entendants, qui font l’effort d’apprendre un nouveau langage. Olivier, un autre élève, fait cette démarche pour pouvoir communiquer avec son jeune neveu qui est sourd. Pour Antony, c’est l’envie de découvrir une nouvelle culture : « Ensuite j’aimerais bien travailler avec des enfants sourds. » Une démarche également partagée par Jean-Luc, animateur au centre d’animation du Calvaire Saint-Pierre : « cette formation permettra un accès plus facile aux malentendants qui veulent participer aux activités du centre. Ce centre emploie également des personnes handicapées. »
« Une petite victoire »
Mais cet apprentissage d’une autre langue est une étape dans les possibilités offertes d’accessibilité. La langue des signes a été reconnue officiellement en 2005. Depuis, l’évolution est constante. « 350 mots étaient « signés » en 1991. 500 le sont en 2005 » indique Véronique Fourmeaux. Pour Virginie, cette reconnaissance « est une petite victoire » face à l’ensemble des mesures qui restent à faire comme par exemple le sous-titrage d’émissions de télévision « même s’il faut 25 heures de travail de traduction pour une heure d’émission. Dans des pays comme la Suède ou le Portugal, 95 % des émissions sont sous-titrées. La langue des signes a été reconnue là-bas il y a plus de 20 ans ! »
Éric AUPOIX.
Pratique. Des stages « vacances » à la langue des signes (30 heures du lundi au vendredi) ont lieu du 25 au 29 février et du 21 avril au 25 avril. Tarifs : 450 € en formation continue ; 225 € en individuel ; tarifs réduits 180 €.
Inscriptions et contact auprès du centre « Le geste et la parole » au 02 31 23 26 60.
Source : http://www.ouestfrance.fr © 20/02/2008 à Caen (France)















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