Des interprètes pour les sourds

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Le Brestois Lionel Cloître, qui se présente comme « citoyen sourd », nous a fait parvenir ce courrier.

« Les sourds du Finistère réclament en vain, depuis de nombreuses années, un service d’interprètes professionnels en Langue des signes française (LSF) dans le département. Comme le stipule publics la loi de 2005 sur l’égalité des droits et des chances, les sourds qui pratiquent la LSF ont droit à la présence d’un interprète dans toutes les situations où ils ont besoin de communiquer avec des
entendants.

« J’ai personnellement besoin de ces services de professionnels de la communication pour toutes mes démarches personnelles, professionnelles, associatives. Or, en réponse à mes demandes, ce faces de communication, seuls présents dans le département qui me sont proposés. Je refuse cette réponse à mes problèmes. Ces personnels, qui ne sont pas mentionnés dans la loi et qui interviennent sans formation spécifique dans le cadre de l’aide sociale, ne sont pas formés à l’interprétation. Leurs interventions sont à l’origine de constants malentendus et ne garantissent pas la qualité, la précision et la confidentialité que nous offrent celles d’interprètes professionnels, rompus à toutes les situations de communication et dont la formation a été sanctionnée par un diplôme universitaire (master 2 d’interprétation).

« Comme moi, de nombreux sourds se battent quotidiennement pour faire valoir ce droit. Hélas, nos réclamations demeurent sans réponse, les pouvoirs publics
jugeant que la présence d’interfaces suffit à satisfaire nos droits et des chances, les
sourds besoins en matière de communication. En ma qualité de citoyen sourd, je demande à ce que ma parole, mon expression, comme mon besoin d’information soit
respectés. Je ne veux plus de cet « à peu près » de l ‘échange qui me maintient dans une position de spectateur lointain des faits sociaux, assisté par intermittence.

« Je veux pouvoir exprimer mes opinions, participer aux débuts publics et privés, être considéré comme un acteur à part entière de la vie sociale. Pour cela, il me faut pouvoir bénéficier des services d’interprètes professionnels auxquels je peux faire entièrement confiance pour la transmission et la réception des messages.

« J’espère que ce courrier incitera le conseil général du Finistère, qui reste sourd à nos revendications, à nous accorder une réelle écoute et à envisager enfin l’application de la loi».

Source : Le télégramme © 05/05/2007 à Brest (France)

Photo : sourds.net

Merci à G.Rohel

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