Les sourds en quête d’intégration
136 Vues, Publié par Philippe dans A la une - Janvier 2004, tags: Cherbourg
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L’intégration des sourds, et en général de tous les handicapés, dans la société française est très compliquée. L’Association des sourds de Cherbourg-Octeville et de la Manche (Ascom) lutte pour leur faciliter l’accès au monde du travail, aux soins, à la justice, à l’information. Tour d’horizon des difficultés.
L’Ascom existe officiellement depuis 1977, mais elle a connu sa réelle révolution en mai 2002 avec l’arrivée de la dynamique Delphine Schnaderer, animatrice et aide en communication de l’association, au centre social de La-Brèche-du-Bois. Dès lors, il ne s’agit plus de se cantonner aux réunions entre personnes sourdes, mais de les faire rencontrer les entendants. « Les sourds doivent faire un travail d’intégration, comme par exemple à la cafétéria du centre social, afin de rencontrer les habitants du quartier. A l’inverse, les habitants sont accueillis au local de l’association, situé Montée-des-Résistants, pour toujours plus de dialogue », affirme Delphine Schnaderer. Le local, justement, est source d’inquiétude tant il est en voie de délabrement. « Un local décent est essentiel pour notre repas mensuel, qui réunit une cinquantaine de personnes. Il permettrait aussi d’inviter d’autres associations, et d’avoir accès à l’informatique, à Internet notamment qui est plus important encore que pour les entendants. » Ils attendent un geste de la mairie : « on leur a envoyé un courrier pour demander un local dans l’école des beaux-arts, où se trouvent déjà d’autres associations, ce qui serait vraiment enrichissant ». Côté justice : les sourds ne se sentent pas sur le même pied d’égalité que les entendants. « Récemment, une femme sourde a porté plainte au commissariat de Cherbourg, la police a alors contacté l’Ascom pour la traduction en langage des signes. A son plus grand étonnement, la plaignante a dû payer l’interprète ! La rémunération de l’interprète doit être prise en charge par l’Etat ou une collectivité territoriale. »
Pas d’interprète professionnel
Ce n’est guère mieux au niveau information. « A part Info-fax, un service d’information développé en partenariat avec Ouest-France, qui nous résume l’actualité et communique sur les sujets consacrés aux sourds, la télévision française est en retard au niveau sous-titrages : à peine 20 % des journaux, films et émissions sont sous-titrés contre 100 % dans plusieurs pays », peste Delphine Schnaderer. L’accès aux services de santé est aussi dramatique, que ce soit au niveau physique, notamment aux urgences, ou au niveau mental. « Il n’y a aucun interprète professionnel dans la Manche : comment fait un sourd pour suivre des séances de psychothérapie ? » On peut comprendre aisément que la permanente de l’Ascom soit débordée. Elle gère aussi les projets. « On essaye de monter en ce moment un spectacle en langage des signes avec un musicien et des danseurs. On aimerait aussi participer au festival Femmes dans la ville, du 1 er au 13 mars prochain. » Le combat pour une meilleure intégration des sourds dans la société n’est pas près de s’achever.
u Pratique. Pour tous renseignements, tél. 02 33 20 44 18.
Source : http://www.ouest-france.fr © 08 Janvier 2004 à Cherbourg (France)


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