Journée de l’audition : le témoignage d’une mère

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Chaque année en France naissent environ 700 enfants sourds. Les parents confrontés à la surdité de leur enfant doivent faire des choix pas toujours aisés. Une Brestoise, Danielle Herry témoigne de ces difficultés en cette journée de l’audition. « C’est bien cette journée de l’audition. Mais ce serait encore mieux si au moins ce jour-là toutes les émissions TV étaient sous-titrées ou traduites en langue des signes. Pour l’instant, il n’y a pas grand-chose de fait en ce sens. Pourtant, on compte un enfant sourd pour 1.000 naissances et les malentendants sont nombreux parmi les personnes âgées », déclare Danielle Herry, maman d’une petite fille de 10 ans, sourde de naissance. Marine était âgée de neuf mois, lorsque le diagnostic a été posé. Comme tous les enfants dépistés, elle a aussitôt été appareillée. Danielle Herry milite depuis au sein de l’Association des parents d’enfants déficients auditifs (ADEPEDA) « Des choix très différents s’offrent aux parents. Faut-il privilégier la langue des signes ou apprendre à parler à son enfant ? Personnellement, j’ai commencé par la langue des signes, la plus naturelle pour Marine. Mais je ne prétends pas représenter le choix de tous les parents ». La langue des signes a été longtemps interdite, victime de la politique du XIX e siècle qui voulait une école unique pour tous. Encore aujourd’hui, certains sourds refusent de parler en réaction à cette histoire douloureuse pour beaucoup d’entre eux. « La France est très en retrait en matière de langue des signes. Aux USA, elle est la troisième langue utilisée ! ». Les avis sont souvent très tranchés entre ceux qui sont favorables à la langue des signes et les tenants de l’oralité. « On me disait si elle signe, elle ne parlera pas ! ». Malgré tout, aujourd’hui Marine parle ou signe. « Elle parle même beaucoup, c’est comme si elle voulait rattraper le temps perdu ». En matière de scolarisation également, les parents doivent faire des choix : une intégration classique ou une école spécialisée ? Le nombre d’illettrés est important chez les adultes sourds preuve de l’échec des méthodes anciennes. « La réussite de l’intégration dépend en fait de la bonne volonté des instituteurs, et j’ai trouvé une équipe formidable dans l’école de mon quartier ». Marine est donc scolarisée avec des enfants entendants. Deux petites copines ont même pris des cours de langue des signes. L’un des deux jeunes salariés de l’Union régionale vient régulièrement soutenir Marine pour l’aider à comprendre des notions abstraites difficiles à appréhender. Des quatre départements bretons, le Finistère est le seul à ne pas disposer d’un Institut spécialisé capable de prendre en charge les enfants à partir du collège. Mais l’Adepeda 29, forte de ses 70 adhérents a décidé d’agir pour créer un service d’intégration. « C’est important si l’on ne veut pas voir son enfant partir en internat dès ses 12 ans », conclut Danielle Herry.

Source : http://www.letelegramme.com © 07 Mars 2000 à Brest

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